Résumé : Les inondations récentes au Sénégal (2000-2011) : Une gestion erratique

Les inondations au Sénégal (2000-2011) :
Une gestion erratique
Mame Demba Thiam

In Momar-Coumba Diop (dir) – Sénégal (2000-2012) – Les institutions et politiques publiques à l’épreuve d’une gestion libérale, 689-728.
Edition CRES-Karthala
Résumé
Lorsque le premier régime libéral s’installe en mars 2000, le phénomène des inondations est l’un des points chauds qui préoccupent les acteurs de l’alternance démocratique au Sénégal. Dès l’installation du premier gouvernement, un programme-test est lancé à Saint-Louis. Alors qu’à la veille de la fin de règne libéral, Dakar et sa banlieue ne sont plus à prendre en charge par l’État et ses démembrements. Mais, « les collectivités locales seront accompagnées en vue de soulager les populations vivant dans les zones inondables ».
La prospective politique a tellement occupé le champ des réponses étatiques en termes d’assainissement, avec le Programme d’Assainissement des Quartiers Périurbains de Dakar (Paqpud), le Programme Eau à Long Terme (Pelt) et le Programme d’Eau Potable et d’Assainissement du Millénaire (Pepam). Les solutions, en vue d’éradiquer le phénomène des inondations, ne sont vues qu’en filigrane de promesses.
De nombreuses études ont été conduites par des experts de renom. Malheureusement, les conclusions n’insistent que sur les besoins postérieurs à la catastrophe. On sait ce qu’il y a lieu de faire en cas de catastrophe avec des moyens inégalement répartis à travers le pays suivant une coordination assurée par la Direction des Opérations Stratégiques logée au ministère de l’Intérieur et en rapport étroit avec la Défense Civile qui est une des attributions de la Direction de la Protection Civile.
Le schéma de solution durable, évoqué par les différents gouvernements au cours de la décennie passée, fait appel à un programme directeur élaboré en 1994 et qui cherche certainement à opérer le maillage territorial en vue de régler la grande problématique de l’assainissement au Sénégal. Les moyens institutionnels n’ont jamais été ajustés à l’échelle dynamique de la catastrophe dont les tentacules ont fini d’atteindre les principales villes du pays. Entre 2000 et 2011, les acteurs gouvernementaux sont passés du tâtonnement politique au bricolage technique. Ce qui a précipité les victimes des inondations dans une désillusion sociale inédite.

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