Prévision et coût des catastrophes

Le vocable prévision est utilisé en géographie pour apprécier par le biais de calculs des probabilités de manifestation d’un phénomène. On parle de prévision climatique, de prévision démographique, etc. Etant donné qu’il entre aussi dans la théorie des concepts en géographie, il peut correspondre à d’autres sens à l’exemple de la prévision des catastrophes. Cette dernière peut se manifester de façon multiple : En cas de menace, il faut au préalable une étude de terrain afin de cibler les zones vulnérables et procéder à des aménagements en fonction du phénomène susceptible de les affecter.  On peut souligner qu’on peut faire des prévisions en sensibilisant les populations qui s’activent dans l’exploitation des mangroves ou du sel, pour réduire les risques d’inondation ou de salinisation des terres dans la communauté rurale de Gandon. A l’exemple de la zone sahélienne ou des côtes américaines, il urge toujours d’analyser les données climatiques disponibles pour mieux prévoir le futur et empêcher d’éventuelles catastrophes naturelles comme la sécheresse des années 70 ou les cyclones. Dans ce cas aussi, la prévision consiste aussi en une sorte d’organisation, afin de prendre des décisions face à une situation quelconque. Conformément au protocole de Kyoto, la projection de réduire l’émission des gaz à effet de serre de 5,2°C peut aussi empêcher un éventuel changement climatique du globe. Si on retient que les précipitations au Sénégal ne sont pas stables, l’augmentation en nombre suffisant des canaux d’écoulement et des  bassins de rétention pourrait bien être prévue afin d’empêcher les risques d’inondation, ainsi que la résorption du déficit noté dans l’alimentation en eau. Par ces illustrations on voit nettement qu’elle est primordiale dans tout combat.
 A travers certains ouvrages ou politiques mises en œuvre, la prévision n’apparaît pas seulement comme moyen d’anticipation mais aussi et surtout élément dans la protection civile quant aux aménagements et infrastructures (constructions d’infrastructures hydrauliques, routières, sanitaires… ; politique de décentralisation, etc.). Elle doit être donc conceptualisée pour apprécier ses multiples facettes.
Cependant, il semble important de souligner que l’anticipation par rapport à la manifestation d’un risque  montre qu’il est à solution trouvée d’avance. C’est ce qui doit être un des soucis majeurs de nos pays pauvres comme le Sénégal qui sont plus interventionnistes que prévisionnistes et surtout suppléés en grande partie par l’aide extérieure. Aussi, toute prévision demande un suivi surtout en rapport à certains aménagements pour éviter d’autres catastrophes comme à Gandon (cf. l’ouverture de la brèche située à Saint-Louis, Langue de Barbarie) mais cela demande beaucoup de moyens.
Le coût des catastrophes est une notion économique qui intervient en géographie économique surtout et peut englober plusieurs aspects : financier, matériel, humain, social, etc. Le coût des catastrophes peut d’une part figurer dans les prévisions d’une situation susceptible d’affecter une localité ou dans un programme d’actions en cours de réalisation. Cependant, toute mutation d’origine naturelle ou anthropique enregistre à la fois des gains et des pertes. Mais ces dernières sont beaucoup plus importantes lorsque elles sont imprévisibles ou incontrôlables. A titre d’exemples : la sécheresse qui a affecté le monde sahélien dans les années 70 a causé des dégâts économiques, laissant encore des séquelles dans les activités agricoles de certaines localités. Les pertes peuvent aussi être source de traumatisme pour un peuple entier : « La capitale de Haïti a été totalement détruite par le tremblement de terre, et le pays est en ce moment dans un désastre et un état de délabrement total (pas d’eau, d’énergie, ni transport, ni nourriture, ni médicament, ni sécurité, et avec probablement des milliers de cadavres en décomposition à ciel ouvert…). Plus de 9 millions d’habitants du pays le plus pauvre de l’hémisphère sont dans le chaos absolu. »[1].
Suite aux pluies de mangues survenues en 2002 le peuple sénégalais avait enregistré beaucoup de dommages matériels, agricoles et humains. En outre, les inondations incessantes causent  des pertes exorbitantes suivies du déplacement de beaucoup de victimes. Les pertes peuvent être aussi d’ordre social ou culturel si certains sont obligés d’abandonner certaines pratiques et biens et de migrer vers d’autres points d’accueil. De ces illustrations, on peut s’apercevoir qu’il n’est pas toujours évident de quantifier les coûts des catastrophes, d’autant que beaucoup trainent encore avec le traumatisme tiré de ces dernières.
Toutefois, l’Etat qui a investi dans des secteurs affectés et qui se doit de veiller à la sécurité de ces citoyens reste la première victime malgré l’ampleur des dégâts.
Tout cataclysme, qu’il soit prévisible ou pas, engendre aussitôt des pertes. C’est donc l’ampleur (souvent amplitude) de celles-ci qui circonscrit les coûts inestimables. Aussi, mesurable ou pas, la perte doit être conceptualisée pour trouver les solutions idoines. Néanmoins, tous les dégâts ne peuvent pas être réparés, d’autant  plus qu’elles peuvent restées inscrits dans la mémoires des victimes, sans oublier les multiples maladies qui en découlent : peste, choléra (cf. séisme en Haïti), paludisme (cf. inondations), diarrhée (cf. salinisation) et surtout les stigmates.


       Source : Rapport annuel 2009, ENDA Tiers Monde, 2009.
[2]  Y. VEYRET : Dictionnaire de l’environnement, Armand Colin, pp. 286

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